Je disais souvent qu'il n'y en avait pas deux comme toi. Cela se vérifie toujours aujourd'hui, tu reste unique malgrès tout. Je sais dorénavant que la prochaine, elle ne parlera pas comme toi, elle ne me regardera pas comme toi... parce qu'elle ne pourra jamais. Tu sais que dans tes yeux j'ai toujours vu plus de mépris que d'amour, je suppose que c'est la seule façon que tu connaisses de fixer ton entourage... et les autres. Je devinais tout, et rien. Mais jamais tes yeux ne perdaient leur blanc éclatant, jamais ne s'arrêtaient de contempler, jamais ne séchaient complètement. Tes yeux restaient blancs avec une larme en coin, prête à rouler. Et dire que souvent cette goutte lacrymale perlait, par le moindre de mes mots, de mes gestes, que tu erronais.
Je te quittes pour un battement de cil. Je quittes toujours les filles pour ça. Je papillone pour des regards, et cela ne gène que celles qui ont ton rôle. A part ça, je m'en sors plutot bien. Ce battement de cil, il n'est pas unique, non, pas comme le tien. Il est plus vulgaire et plus audacieux, lui, il sait aller au fond des choses, il sait aller où tu rebrousses chemin. Même dans un jungle de ronces, il me prends la main, ce battement de cil est un éternel "viens !". Le tien est posé, effronté sans être sauvage. Tu es manichéenne, elle est contraste. Tu comprends alors que je suis obligé de trancher. C'est dommage, car ton sourire ne me sera plus destiné, ni les larmes que tu versaient, d'ailleurs. Ni tes mots si durs à arracher, ni tes bras compliqués à attraper, ni tes lèvres impossibles à embrasser. Il faut quelquefois oser mettre tout seul le mot "fin" en bas. Un battement de cil m'a tendu le stylo, je n'y peux rien.
Ne crois pas que tout sera facile, loin de là. A son tour de pleurer, un peu, beaucoup, parfois sans raison, souvent à cause de moi. Je sais que les promesses ne sont jamais tenues. Celles que je t'ai faites, j'ai du les briser, tu sais... Tu vas rire, mais je viens d'en refaire. Cliniquement, c'est la même erreur qui se répète : je suis forcé de croire au mot "toujours", tout ça parce qu'il rime avec "amour". La vie ne m'apprend décidemment rien, rien du tout, ne serait ce que je suis un bel idiot rêveur. Avec toi aussi, j'ai voulu que la rime s'opère... à trop espérer, j'ai finis par tout déchirer. Non, on ne peut pas dire qu'avec elle, ça sera différent, puisque ça ne l'est jamais. Il suffira de n'importe quoi pour tout rompre. Et mettre toute sa vie pour oublier.
Mais si je regrette un jour...
Dis moi que tu seras là toi aussi, avec ton battement de cil qui ne battrait que pour moi, avec tes lèvres ne parlant que de ça, et tes yeux si cruels qui m'atteindraient plus d'une fois.


